Pour Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université de Nanterre et spécialiste reconnu du marché immobilier, les prix ne sont pas condamnés à baisser, notamment à Paris, et les OPCVM spécialisés ne devraient pas trop pâtir de la conjoncture. Newsmanagers :
L’immobilier va-t-il subir, en 2009, le contrecoup de la crise financière ?Michel Mouillart : La crise financière touche maintenant les marchés immobiliers.
La crise se traduit par une contraction de l’activité et aboutit à des baisses spectaculaires, notamment dans la promotion immobilière et le marché de l’ancien, qui a été particulièrement touché durant le troisième trimestre 2008.
Mais, et c’est un point crucial, je souligne qu’il ne s’agit pas d’une crise de la solvabilité de la demande mais d’une crise du financement du secteur.
Pour l’instant, j’observe que les baisses de prix sont limitées et je pense que l’on peut très bien avoir une crise des marchés immobiliers de grande ampleur sans avoir de baisse significative des prix immobiliers.
NM :
Qu’est-ce qui pourrait néanmoins peser sur les prix ?MM : Deux choses : que les ménages qui attendent de vendre finissent par se décider à faire des rabais importants. Ou que la politique monétaire européenne oblige les Etats à augmenter les taux d’intérêt, ce qui affaiblirait la solvabilité de la demande.
Cette seconde hypothèse n’est pas d’actualité et il faut attendre pour voir si la première se concrétise, mais, je le répète, ces baisses de prix ne sont pas inexorables.
NM :
Et pour les véhicules de placement collectif placés dans la pierre cotée ?MM : Le problème, ce sont les capacités d’emprunt. Mais si vous avez un produit d’épargne collectif comme un OPCVM, fractionnable qui s’adresse à des investisseurs ne recourant pas au crédit, il n’y a pas de problème.
Si les taux de crédit baissent et que la production de crédits repart, l’impact sur les prix sera limité, contrairement à ce que beaucoup escomptent.