Malgré un recul de 55%, le résultat net reste positif. L’établissement enregistre un rebond de son activité dans la banque de détail.Après une certaine suffisance affichée face aux déboires de ses concurrents, BNP Paribas était attendu sur la publication de ses résultats au troisième trimestre. Comme ses homologues, l’établissement de la rue d’Antin a connu une dégradation de ses comptes. Son bénéfice net a reculé de 55,6 %, mais il reste notablement positif, à 901 millions d’euros. Il ressort à 4,4 milliards depuis le 1er janvier, générant une rentabilité des capitaux propres après impôt de 13,1% (contre 8,6 % pour la Société Générale).
Les bénéfices sont nettement inférieurs aux divers consensus d’analystes. Mais, comme la Société Générale, BNP Paribas n’a pas utilisé les règles comptables assouplies. Seul véritable point noir, la multiplication par quatre du coût du risque, nécessitant 2 milliards d’euros de provisions (lire ci-dessous), mais qui reste inférieur à celui de sa rivale rouge et noire. Les revenus de ses pôles opérationnels progressent de 2,4 %, quand ceux du groupe reculent de 1 % à 7,6 milliards.
L’élément le plus positif tient dans la capacité à générer de l’activité. Dans sa banque d’investissement (BFI), BNP Paribas conserve un bénéfice avant impôt de 38 millions d’euros au troisième trimestre, grâce à un bond de 28 % dans les métiers de financement et malgré l’explosion du coût du risque (1 milliard d’euros). Au prix, notamment, de frais de gestion maîtrisés (-16,5 %). Elle est même la seule, avec Goldman Sachs, à afficher un résultat positif depuis juillet 2007.
La Société Générale a enregistré une perte avant impôt de 500 millions d’euros au troisième trimestre.
Le profil de la banque a également rassuré dans les activités de détail. Le réseau France a ouvert 50.000 comptes à vue en net pour les particuliers au troisième trimestre, portant le total depuis le début de l’année à 150.000. Ses encours de crédit aux entreprises ont crû de 15 % durant le trimestre. Avec des commissions financières en baisse de 18 %, la croissance du PNB ralentit à 1,5 % sur un an (à 1,57 milliard). L’activité a été soutenue à l’étranger, notamment en Italie (+36.800 comptes à vue de particuliers sur neuf mois chez BNL) et dans les réseaux des marchés émergents (+42% de PNB). La branche gestion d’actifs et services financiers est en revanche directement touchée par la chute des marchés, avec un PNB en recul de 9,8 % (à 1,2 milliard). Le résultat avant impôt a reculé de quelque 72 %, à 134 millions.